Trame(s)

Par Lydia Rump

Petites mains qui tissent, brodent, cousent. Tissus anciens qui se mélangent, se parent, s'enrichissent. Dévoilés au fil des ateliers. Exposés au lavoir du puits couchoux.

La carte du textile

Brodeuse M. réécrit sur des grands format qu'elle expose au lavoir du puits couchoux. Elo carapace faite d'une multitude de boutons trouvés suspendus au-dessus du puits couchoux Lydia atelier et exposition au lavoir : tryptique perles, thème de l'eau : extrait Marc Bernard. Clémence qui brode de tous petits paysages avec des perles, des sequins, elle a exposé chez Marion.

Puits Couchoux

Lors de la première édition, le dimanche de la fête des mères, en 2014. J’ai fait avec Elo ma voisine artiste dans la même rue une installation in situ. Nous avons investi le puits couchoux. Ce lieu donne son nom à la rue. En tant qu’artiste textile j’ai fait un tissage avec du plastique noir d’emballage sur les barreaux entourant le puits ce qui a créé un espace clos.

 Sur une des cloisons de cet espace, à proximité du puits, j’ai laissé une ouverture légèrement en hauteur qui fait office de fenêtre. Les passant.es curieux.ses montent sur un marche-pied en bois pour regarder et découvrir ce qu’il y a à l’intérieur !

Sur une des cloisons de cet espace, à proximité du puits, j’ai laissé une ouverture légèrement en hauteur qui fait office de fenêtre. Les passant.es curieux.ses montent sur un marche-pied en bois pour regarder et découvrir ce qu’il y a à l’intérieur !

Carapace boutons.

Accroché sur un cintre en bois, au-dessus du puits, on peut découvrir l’oeuvre textile d’Elo. Elle a brodé un vêtement ancien avec une multitude de boutons trouvés. Une carapace blanche se dresse en contraste sur ces murs de plastique noir.

Nous avons tenu a intervenir directement dans la rue pour que l’art soit en partage avec les habitant.e.s. Cette installation a permis de capter la curiosité des passant.e.s.

Iels se pressent tout au long de la journée pour voir ce qu’il y a dans cet espace, à l’intersection de deux rues : puits Couchoux et Robert.

Passants curieux de l’œuvre in situ
Passants curieux de l’œuvre in situ.

[façade]

J’habite dans la rue du puits Couchoux. Mon atelier est en arrière cour et cette année là, en 2019, je décide d’investir la façade de mon immeuble.

La façade avant installation.
La façade avant installation.

Au petit matin, je sors avec mon échelle et deux grosses bobines de fils sur lesquels j’ai noué des franges. Celles-ci ont été faites à partir de chutes de tissus. J’ai pioché dans ma palette habituelle de tissus anciens ou récupérés.

Paquets de franges
Paquets de franges

Avant que les visiteur.se.s n’arrivent, j’installe mon oeuvre éphémère sur la façade. Ça donne une nuance de matière en ton sur ton avec les pierres de la façade.

Cette oeuvre de 5mx3m qui reste exposée durant 2 jours, est tout juste perceptible par le public. Elle est textile et tactile. Elle oscille et vole au vent. Elle est monumentale et presque invisible.

Franges nuancées.
Franges nuancées.
Le nom du lieu où elle est accrochée est le titre de l'oeuvre façade.
Le nom du lieu où elle est accrochée est le titre de l’œuvre façade.

Le souvenir

En 2021, l’édition 7bis fût réduite. Les différents confinements pour les lieux culturels ont empêché l’ouverture des ateliers d’artistes. Il y eu seulement l’exposition collective au lavoir du puits Couchoux. Le thème choisi pour cette édition : l’eau gambade.

L'affiche de la septieme éditon bis
Le thème de cette édition : l'eau gambade.

Pour l’occasion, le souvenir d’une lecture m’est revenu. C’est la description que Marc Bernard, auteur nîmois, fait de sa mère, lavandière au lavoir du puits Couchoux. J’avais lu son livre “Pareils à des enfants” il y a une dizaine d’années et je me suis mise en quête de le retrouver.

Ma quête ne faisait que commencer.

J’ai tout d’abord appelé les librairies de la ville mais ce livre n’était plus édité. J’ai appelé la bibliothèque de Carré d’art mais ils ne l’avait pas non plus. J’ai eu soudain l’idée d’appeler la bibliothèque Marc Bernard, du même nom que l’auteur ! Et là j’ai eu la bonne surprise qu’ils aient le livre. Et me voilà partie dans le quartier Pissevin pour aller emprunter ce livre.

J’ai relu en diagonale le livre et retrouvais cet extrait :

"Je détestais le lavoir; les rares fois où il m'était arrivé d'y rejoindre ma mère, le soir, en sortant de l'école, ces longs bassins qui brillaient sous les lampes m'avaient paru être la chose la plus triste du monde. Je n'aimais pas cette atmosphère humide, le ruissellement de l'eau, le claquement assourdissant des battoirs sur le linge mouillé qui éclaboussait le visage de ma mère, les criailleries et les rires aigus de ces femmes échevelées qui plongeaient leurs bras rouges dans l'eau glacée. Je croyais regarder des femmes à la recherche d'un trésor, mais elles ne remontaient des profondeurs du bassin que d'immenses draps qu'elles tiraient à elles ainsi que des filets, des suaires ruisselants aux teintes de plomb, d'où les corps avaient glissé, roulés vers le fond, invisibles sous l'écume irisée du savon".
Par Marc Bernard.
Une vue du lavoir du puits Couchoux.
Une vue du lavoir du puits Couchoux.
Le haut de l'oeuvre.
Le haut de l’œuvre.
Nappes siglées M.B.
Nappes siglées M.B.
Broderie machine au fil noir.
Broderie machine réalisée au fil noir.
Bas de l'oeuvre
Tombé du drapé
Vue d'ensemble de l'oeuvre
Vue d'ensemble de l'oeuvre
Installation finie
Installation lavoir réussie