Des parcours d'égarement
Travelling’s for the rich but wandering’s for the brave – Cash Savage / Run with the dogs
Est-ce la peur qui pousse à l’errance ? Ou l’errance qui conduit à la peur ? Quel cercle vicieux que celui qui nous fait quitter la route vers des contrées toujours moins balisées. L’ouroboros de l’impuissance. Au milieu du chemin, la peur est toujours le moteur. Ne serait-ce que parce qu’aucune figure, pas même Dieu, ne nous prévient de la durée du voyage. Les visages qu’on y croise sont trompeurs, nourris par nous-mêmes de nos plus grands effrois.
Combien de fois nous prenons de faibles lanternes pour de puissants signaux annonciateurs d’une arrivée au port ? Ces éclairages pâlots nous conduisent irrémédiablement à la chute, aux chutes multiples, renouvelées et déchirantes.
#2
Aux matins d’été
Je traversais la ville
Dans ce monde d’avant le calme
#3
A travers cette brume
A mon insu déposée
Je perdis la trace du présent.
#4
Jamais une pierre
D’une rue d’un chemin d’ici
N’oubliera le poids de ma foulée.