Errances

Par Clément Michel

Quel cercle vicieux que celui qui nous fait quitter la route vers des contrées toujours moins balisées.

Des parcours d'égarement

Travelling’s for the rich but wandering’s for the brave – Cash Savage / Run with the dogs

Est-ce la peur qui pousse à l’errance ? Ou l’errance qui conduit à la peur ? Quel cercle vicieux que celui qui nous fait quitter la route vers des contrées toujours moins balisées. L’ouroboros de l’impuissance. Au milieu du chemin, la peur est toujours le moteur. Ne serait-ce que parce qu’aucune figure, pas même Dieu, ne nous prévient de la durée du voyage. Les visages qu’on y croise sont trompeurs, nourris par nous-mêmes de nos plus grands effrois. 

Combien de fois nous prenons de faibles lanternes pour de puissants signaux annonciateurs d’une arrivée au port ? Ces éclairages pâlots nous conduisent irrémédiablement à la chute, aux chutes multiples, renouvelées et déchirantes. 

#1

Ces matins tristes où j’arpentais 

D’un bout à l’autre 

La rue dorée. 

#2

Aux matins d’été 

Je traversais la ville 

Dans ce monde d’avant le calme 

#3

A travers cette brume 

A mon insu déposée 

Je perdis la trace du présent. 

#4

Jamais une pierre

D’une rue d’un chemin d’ici

N’oubliera le poids de ma foulée.